
L'ECHO DES LETTRES
Chaque oracle que je crée est un voyage qui commence bien avant que la plume ne touche le papier. Avant de calligraphier la moindre lettre, je m’immerge dans une période de recueillement. Mon corps tout entier entre en résonance avec l'alphabet sacré. Je reste un temps dans ce silence. Ce n’est que lorsque cette harmonie est totale que je prends mon premier souffle. Ce premier souffle est dédié à la première lettre, guidant mon premier trait vers la naissance d'un nouvel oracle. Je réalise pour vous une œuvre sacrée qui ouvre une porte et éclaire votre propre chemin. Chaque calligraphie est le fruit d'une descente de la lumière, de l'intention de l'âme jusqu'à la manifestation physique. Parfois, quand on me demande d'expliquer la symbolique d'une lettre, quelque chose à l'intérieur de mon corps vibre et les mots refusent de sortir. C’est là, présent, mais cela ne veut pas être enfermé dans une définition. Prenez la lettre Ayin : elle est l’œil, mais elle est surtout pour moi, le silence des profondeurs. Cette difficulté à dire est le signe de leur puissance : les lettres ne se parlent pas, elles se vivent à travers nos cellules. L’action des lettres est parfois fulgurante. Je me souviens avoir tiré une lettre et vu ma penderie s’écrouler littéralement. Le message était physique. Elles nous bousculent et nous émeuvent pour nous réaligner immédiatement avec notre vérité. Ma plus grande expérience demeure ce moment où les lettres m’ont traversée les unes après les autres. Une fois passées, il n’est resté que le Silence, La lumière était silence. J’ai compris que les lettres sont la Voix du Silence. Dans cet état, tout est silence, tout est lumière. Il n’y a plus de séparation. Aujourd’hui, ma relation avec elles est faite de confiance et de laisser-faire. Quand je tire une lettre, je ne cherche pas à maîtriser sa vibration. Je la laisse agir dans ma journée, dans des difficultés, et même dans mes rêves , comme la force verticale du Vav qui vient m’enseigner la nuit. Je laisse la Voix du Silence m'habiter, car j'ai conscience désormais que chaque lettre est un monde en soi, un univers sacré qui nous ramène, souffle après souffle, à l'essentiel.